samedi 12 septembre 2026

Soulager le mal de dents (ou Le désespoir des parents)

N'ayant pas eu de progéniture moi même, j'ai pu observer chez mes amis, collègues et congénères le changement qui s'opèrent lorsque l'on devient parent. Vu de l'extérieur, les parties de la métamorphose  qui sautent le plus facilement aux yeux sont les cernes, les traits tirés, et les changements de teinte des poils de la barbe ou des cheveux.

Mais dès que l'on fréquente un peu plus des parents, comme cela fut le cas pour ma part après la naissance des filles de Ray Bérenger, dont j'étais fort proche, on observe aussi un déclin cognitif, une effondrement de la raison. Lorsqu'un enfant souffre, les parents renoncent à toute rationalisation pourvu qu'une solution leur soit promise. 

Dès que surgissent eczéma, brûlures, des fameuses coliques imaginaires,  ou malheureusement des maladies bien plus graves, des progéniteurs doués de raison auparavant sont soudainement prêt à se vouer a tous les guérisseurs qui défilent, parfois des personnes convaincues de posséder un talent, et heureuses de le partager, mais parfois des arnaqueurs, satisfaits de profiter de leur crédulité. 

Afin d'étudier ce phénomène avec un ton plus léger que s'il s'agissait de cancer, nous nous tournerons vers un phénomène moins grave: les dents qui poussent. Dans ce cas, les pleurs des enfants témoignent d'une certaine souffrance de leur part, qui est aussi la cause d'une perte de sommeil et d'énergie chez les parents, encore plus prompts, donc, à chercher une solution.

Ils auront bien sur en premier lieu testé et et épuisé tous les fameux remèdes de grand-mères[1]:

  • gant de toilette froid
  • cuillère réfrigérée[2]
  • massage des gencives
  • un filet d'alimentation avec des fruits frais
  • des compresses d'infusion de camomille 
  • un chiffon noué mouillé à mâchouiller[3]
  • un ourson thérapeutique aux céréales 
  • un câlin pour faire baisser le stress
  • faire téter une tétine.
  • un aliment froid 
  • fourrer de la racine de guimauve dans la gueule du petit monstre (ha oui, au bout d'un moment on fatigue)
  • Appliquer une infusion de clou de girofle dans de l'huile d'olive 
  • Masser à l'huile de coco 
  • Utiliser des jouets / kits proposés et adaptés 
  • Donner à bébé un quignon de pain rassi, en faisant fit des risques d'étouffement, et le fait de donner un aliment passé à son enfant. 
  • Frotter les gencives à l'alcool[4]
  • Mettre de l'aspirine sur les dents [5]
  • Aider les dents à sortir (triturer les tissus de ses enfants avec des objets tranchants est plutôt déconseillé, comme les dernières méthodes listées ci-dessus).

Il va sans dire que toutes ces "solutions" demandent une certaine surveillance de la part de ses parents, et l'auteur de ce blog n'en recommande aucune.

Voilà donc de bons parents désespérés qui après avoir testé un certain nombre d'éléments dans la liste ci-dessus, se tournent vers d'autres subterfuges:

Le mail aux dents est somme toute assez bénin, et on peut en rire comme dans ce post. Mais les maladies graves, mal traitées ou non traitables ouvrent malheureusement la porte aux même mécanismes, qui poussent de bonnes gens à donner leurs économies à des gourous de tout ordre[6], ou bien à perdre de vue la réalité, et s'éloigner des traitements sérieux.  C'est bien dommage. 


Notes:

1- Plusieurs grand-mères ont été passées à la centrifugeuse pour en extraire toutes les recettes listées dans cette note.

2- Selon les sources, la cuillère doit être en inox, ou bien en argent. En tout cas, je déconseille vivement les cuillères en plutonium, ou en plomb).

3- Méthode déconseillée par l'auteur car les nœuds mouillés, c'est dur à défaire.

4- Méthode de grand-mère d'antan, plutôt déconsidérée aujourd'hui. Comme quoi, les avis de nos aïeux ne sont pas toujours les meilleurs.

5- Voir note 4. 

6- Gourous qui en général préfèrent se faire appeler "spécialiste", "expert", maître", en "énergie positive" ou autre fluide imaginaire

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